dimanche 20 juillet 2008

Ecrire une introduction de livre

L’introduction d’un livre, c’est comme la porte d’entrée d’une maison ; ça vous prépare à tout ce qui est à l’intérieur. Les introductions plates ont l’un ou plusieurs de ces effets : elles mettent le lecteur en confusion, l’énervent, mettent sa patience à rude épreuve ou le poussent simplement à zapper carrément les premières pages. Rares sont les lecteurs qui ferment définitivement un livre après avoir lu seulement les premières pages, mais là, avec une introduction ennuyeuse à mourir, vous aurez perdu une bonne chance d’agripper votre lecteur à l’histoire sur tout le reste de votre livre.

C’est comme lorsque vous rencontrez une personne pour la première fois, les premières impressions sont parfois décisives selon les situations et les circonstances de cette rencontre.

En premier lieu :

Sachez que vous pouvez ennuyer votre lecteur rien qu’en décrivant les scènes ou les décors de votre livre dans votre introduction. Car ça ne marche plus aujourd’hui.

Le fait de commencer par introduire des personnages représente une bien meilleure approche, parce qu’après tout, ce seront vos personnages qui domineront l’histoire. Tous les autres aspects qui restent (scénario, thèmes, décors) auront pour mission de compléter vos personnages.

Poussez vos personnages vers vos lecteurs, faites que votre lecteur tombe amoureux de votre protagoniste, dévoilez lui subtilement ses excentricités, exhibez sa personnalité. Si votre lecteur n’aime pas votre personnage dès le départ, ce ne seront pas vos décors ou vos lieux qui vont l’attacher à votre livre.

En général, introduire de un à quatre personnages importants au début est une bonne chose. Que vous commenciez par des conversations ou par des actions, ça vous donnera les meilleurs résultats, tout comme ça vous donnera l’opportunité de montrer la personnalité de vos personnages et le genre de relations qu’ils entretiennent entre eux. Votre lecteur veut des gens, leurs émotions ; donnez lui ce qu’il veut sans le faire impatienter.

En deuxième lieu :

Vous mettre votre lecteur en pleine confusion en incluant trop de personnages dans l’introduction. Plus de cinq personnages, ça commencera à faire un peu trop pour la moyenne des lecteurs. Au début, le lecteur ignore tout des personnages et des relations qu’ils entretiennent entre eux. A ce stade il pourrait avoir des difficultés à comprendre les conversations échangées entre ces personnages.

En plus, le fait d’introduire trop de personnages parmi les toutes premières pages ne laissera pas le temps à votre lecteur d’établir une relation amicale ou sympathique avec l’un d’eux. Il sera comme un spectateur à un match de polo et qui ne sait rien de ce que c’est que le polo (vous savez le sport collectif avec des chevaux, des cavaliers avec des battes et un ballon.) Si votre lecteur ne comprend pas, il se détachera, mais s’il comprend, il plongera directement au cœur de votre livre et serrera la main à vos personnages, riras, sautera et criera avec eux… bon peut être pas à ce point mais vous comprenez certainement ce que je veux dire.

En troisième lieu :

Il pourrait vous être extrêmement difficile de surprendre votre lecteur en étant inconsistant dans le ton de votre livre. Si vous écrivez une tragédie, alors vous devez commencer avec des situations tragiques avec des personnages qui fusionnent parfaitement avec ce genre.

Ecrire une introduction hilarante pour une tragédie, un début sérieux pour une comédie, ou une introduction littéraire pour un thriller, va être considéré comme un travail d’amateur. Imposer le bon ton pour un livre dès vos premières pages va préparer le lecteur à ce que vous voudrez lui dire plus tard.

4 commentaires:

  1. je tiens à signaler que la scène d'exposition de roméo et juliette est totalement hilarante. pourtant, shakespeare ne semble pas un auteur amateur...

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  2. Bonjour,
    Shakespeare ne prenait pas ce qu'il écrivait au premier degré : il s'amusait lui-même de son travail, y compris d'histoires que nous lisons aujourd'hui comme des tragédies...
    De plus, il est important de souligner que le travail de Shakespeare était joué dans des théâtres à l'époque élizabéthaine... Il fallait retenir l'attention des spectateurs, qui appartenaient pour beaucoup au peuple, dès le début, et c'était le seul moyen d'obtenir assez de calme pour pouvoir jouer correctement... (Silence ? Connais pas).

    Tout ça pour dire que l'exemple de Shakespeare n'est pas parlant : le contexte historique a bien changé.
    Aujourd'hui, un prologue dont le ton contraste avec celui de la suite peut sans doute être utilisé pour créer un effet de style, mais je pense également que de manière générale, il doit être évité.

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  3. Merci anonyme pour ces remarques intéressantes

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  4. bonjour je voudrai savoir si j'ecri une introduction d'un livre tragique par quoi esque je pourrai commencé

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A vos coms!