Ecrire vingt romans (en dix étapes faciles)

Lors d’une récente conversation téléphonique, j’ai mentionné avoir envoyé les dernières révisions concernant mes vingt romans ; "Great Sky Woman" (La Grande Femme du Ciel.) Il y eut un silence à l’autre bout du fil, suivi par la question "mais par quel diable pouvez vous faire ça ? Vingt romans !"

La vérité c’est que je connais beaucoup d’écrivains qui ont écris beaucoup plus que vingt romans. Ce n’est pas si rare que ça. En fait, si vous êtes un écrivain qui a un travail, votre fréquence de production "parfaite" est très proche de l’ordre d’un livre par an. Un peu moins souvent que ça, et les lecteurs arrêteront d’anticiper votre prochain livre et iront s’émerveiller devant l’étalage littéraire d’un autre auteur.

Il existe un point commun entre les types de comportements des écrivains qui réussissent, et un point commun entre les types de comportements des écrivains qui n’arrivent pas à se lancer, qui ne peuvent pas finir leur œuvre, ou qui calent à leur premier ou troisième livre.

Les écrivains qui réussissent, qui créent en abondance :

1) Ecrivent tous les jours. Ils font ça CHAQUE jour. Ils s’asseyent, ils s’ouvrent leurs veines, et saignent dans leurs ordinateurs. Oui, ça peut faire mal, mais si vous ne maintenez pas ce genre de régularité, la rouille se glissera en silence. La connexion entre le cœur, l’esprit et les doigts est rompue. Et on confond la lutte avec notre état naturel.

2) Lisent chaque jour. La lecture c’est amorcer la pompe. C’est modeler les comportements de la réussite. C’est enrichir son vocabulaire, c’est étudier les intrigues et les peintures des personnages, et amuser les petits anges et démons du subconscient qui feront en réalité tout le travail de fond. Ne négligez jamais la lecture.


3) Etablissent les délais et les quotas. Il y a une certaine quantité de travail qui doit être accomplie, quotidiennement. Ca n’a pas besoin d’être une quantité énorme ; une page par jour créera un livre par an !

4) Se créent un espace d’écriture, un endroit où ils se sentent à leur aise. Ceci est à la fois un espace physique (un bureau) et un espace psychologique (créé de musique, posters, objets familiers, etc.) Il devrait aussi être un lieu temporel ; une période spécifique de la journée ou de la nuit où ils écrivent.

5) Ont des objectifs spécifiques. Ils se sont engagés à être des écrivains professionnels. C’est ainsi qu’ils se définissent, et ils ne l’oublient jamais. Si vous acceptez cette définition, alors vous DEVEZ vous comporter comme un écrivain professionnel, au quotidien, sinon, ça vous causera un malaise émotionnel. Ils sont prêts à accepter cette petite tape amicale.

6) N’écoutent pas à ces voies négatives qui sont dans leurs têtes. Chacun les a dans la sienne. Les voies vous disent que vous ne pouvez pas, que vous ne devez pas, que ce n’est pas assez bon. Vous devez trouver un moyen pour dire à ces voies de la fermer un peu, pour les ignorer, ou pour les faire taire. Toute activité basée sur la progression vous aidera ici : méditation, Thaïchi et exercices de respiration, yoga, faire du jogging, arts martiaux… la liste est illimitée. Trouvez vous en une.

7) Se sont engagés pour le long terme. Ils savent que s’ils passent une heure ou trois heures par jour, chaque jour, pour une décennie, ils bâtiront leur carrière.

S’exposent à la critique et au rejet. En d’autres termes, ils FINISSENT leurs projets, puis SOUMETTENT ces projets achevés aux éditeurs et agents.

9) Incorporent d’autres personnes dans leur groupe de "master mind." Les écrivains qui réussissent connaissent d’autres écrivains. Et lecteurs. Et éditeurs. Et agents. Ils se prennent d’amitié pour eux, reçoivent des réactions venant de leur part. Ce sont leurs "brain-trust" (groupe de spécialistes qui les secondent.) Les écrivains qui ne réussissent pas se cachent dans leurs bureaux, ne finissent jamais leur travail, ne l’envoient jamais affronter le risque d’être rejeté.

10) S’arment du C.Q.C ; ils oeuvreront Coûte Que Coûte pour réaliser éthiquement leur rêves, pour être les meilleurs qu’il leur est possible d’être. Ils n’abandonnent jamais. Ils savent que le succès est moins basé sur le talent ou "ceux que vous connaissez" que sur la persistance, le dur travail, et l’honnêteté.

Il y a plus de distinctions, mais il ne me reste plus de temps ; je dois commencer à travailler sur le livre vingt et un !

Idées de Steven Barnes, l’auteur à best seller de New York Times. Il a émit des conférences sur le conte et la créativité à l’USC, UCLA, la Seattle University, et au Smithston Institute. Créateur du "first whole-mind high performance system for writers" (premier système à hautes performances de l’esprit pour écrivains), il peut être contacté sur les sites (en anglais) http://www.lifewrite.com/ et http://www.lifewriting.biz

Traduction de l’anglais vers le français par Karim Benyagoub.

Commentaires

  1. Excellent! LA base !

    S

    RépondreSupprimer
  2. bonjour Karim, j'ai une idée pour écrire un petit livre mais c'est clair il faut que je regarde bien tout tes conseils avec patience 'pt sourire) bonne continuation bien à toi merci Tania.

    RépondreSupprimer
  3. Bonjour,

    Depuis quelques jours, je fais des recherches sur "développer son style d'écriture" et j'ai découvert votre site par un heureux hasard, mes compliments.
    Je le trouve simple et agréable à lire.
    Bravo et merci pour vos conseils.

    Seiya

    RépondreSupprimer
  4. Très bon conseil !!! Je me suis lancée dans l'écriture d'un livre, et tes conseils m'on beaucoup fair réfléchir !!!

    RépondreSupprimer
  5. Bonjour,
    Je dois dire que je suis en désaccord total avec l'appréciation du métier de Barnes. A lire ces conseils, on croirait comprendre qu'il est indispensable d'être écrivain à temps plein pour être talentueux, propos plutôt déplacés lorsque l'on donne des conseils à des auteurs débutants... Et surtout ne pas se forcer à écrire tous les jours... Ecrire sous la contrainte est un véritable frein à la création artistique. Pour que les mots sortent naturellement, il faut avoir envie de les coucher sur le papier... S'imposer des quotas d'écriture risque de conduire l'auteur à l'inévitable syndrôme de la page blanche et par conséquent le dégoûter de ce loisir, si cela revient fréquemment.
    Chaque personne est différente sous le rapport de l'écriture et il ne faut pas se baser sur son expérience unique pour conseiller. En bref, pour écrire, suivre ses envies est, je pense, le plus important. :-)

    RépondreSupprimer
  6. Merci à tout le monde pour vos appréciations et encouragements

    @Anonyme5: notez qu'en partageant les idées de Barnes sous forme d'une traduction de son article, je n'ai jamais visé les auteurs débutants. Depuis sa création, ce blog se propose d'être une source d'idées et d'encouragements aussi bien pour les écrivains amateurs que professionnels. Il y a des débutants qui lisent ce blog, et il y a aussi des écrivains accomplis qui passent par ici aussi, même s'ils ne participent pas toujours dans les commentaires. En tout cas merci de vos remarques qui sont intéressantes. D'autre part, les idées de l'auteur original n'engagent que lui, et j'ai trouvé ces idées intéressantes, si vous avez des idées efficaces et des ressources enrichissantes, n'hésitez pas à les partager sur le blog, ça me ferait beaucoup plaisir.

    Pour finir, n'oubliez pas de vous inscrire à la newsletter tout en haut à droite en cliquant sur "je m'abonne" et en introduisant votre adresse email et votre nom ou pseudonyme.

    A bientôt,
    Karim

    RépondreSupprimer
  7. ecrire est un art d une ame qui surgit de notre etre point

    RépondreSupprimer
  8. c une blague?
    20 roman
    no no no no

    RépondreSupprimer
  9. Et si. 20 romans. Et beaucoup en écrivent plus.
    Merci pour cet article, lu avec une musique d'Audiomachine dans les oreilles, ça m'a fait de l'effet et ma re-motivée.

    Merci !

    Ellen.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

A vos coms!

Posts les plus consultés de ce blog

Ecrire un livre

Ecrire une histoire courte qui marche

Création du profile d'un personnage, 50 questions utiles